L’embargo de l’Union européenne sur le pétrole brut russe entre en vigueur

Un pétrolier russe attend dans le port de Novorossiysk, sur la côte russe de la mer Noire, le 11 octobre 2022.

Frapper Moscou dans le porte-monnaie sans éprouver trop de réaction sociale. C’est l’un des défis auxquels l’Union européenne (UE) est confrontée depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine fin février. La dernière mesure en date, un embargo sur le pétrole brut russe, entre en vigueur le lundi 5 décembre, pour couper une source de financement de la guerre. Aujourd’hui, pas une seule goutte d’or noir de Russie ne sera autorisée sur le sol européen, du moins par voie maritime. La première salve, qui devrait être suivie de nouvelles sanctions le 5 février 2023, cette fois sur les produits pétroliers transformés, notamment le gazole.

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“C’est une mission difficile pour l’Europe, mais pas impossible.” précise Francis Perrin, directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques de Paris, qui ajoute que vingt-sept s’y préparent depuis le printemps. “La réduction des exportations de pétrole russe fonctionne déjà”, il rappelle. En témoigne leur baisse de 40% pour le pétrole brut entre le début de l’invasion de l’Ukraine, fin février, et le mois d’octobre, et de 20%-25% seulement pour les produits pétroliers.

Ainsi, en octobre, l’UE n’importait déjà que 1,4 million de barils de pétrole russe par jour, dont une petite partie (0,3 million) transite par la Hongrie et n’est donc pas sanctionnée. Environ 1 million de barils par jour de produits raffinés sont ajoutés à ce pétrole brut.

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“A court terme, l’Europe peut trouver une solution”

“A court terme, l’Europe peut trouver une solution”, évalue Carmine de Franco, responsable de la recherche à la société de gestion d’actifs Ossiam, désignant le Moyen-Orient, les États-Unis, la Norvège ou l’Afrique comme d’autres régions alternatives pour l’approvisionnement. ” En revanche, ce sera plus difficile avec le gazole, car l’UE en importe encore beaucoup et nous avons peu de capacité de production de produits pétroliers.”, prévient-il. De nombreux experts s’attendent à une pression accrue sur le diesel, alors même que l’UE prend en compte les données et s’attend à une nouvelle capacité de raffinage fin 2022 et en 2023.

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Les pays sont déjà devenus des acteurs plus importants dans l’exportation de pétrole raffiné vers l’Europe. “Nous assistons vraiment à un changement de la valeur des exportations russes vers les pays en développement, qui achètent des volumes à des rabais importants, les raffinent et se font une marge en les exportant vers l’Europe.”confirme Marc-Antoine Aille-Mazega, directeur du Centre Energie et Climat de l’Institut français des relations internationales.

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